10 vins à gouter pour ce réconcilier avec le (vin) Nature !

On m’a posé plusieurs fois la question récemment : avez-vous un (bon) vin Nature à nous conseiller ? Sous-entendu un qui serait buvable … Alors, allons-y !
Tout d’abord, coté définition du vin « Nature » ou encore « Naturel », voire « Vivant », « Libre », .. il régnait encore récemment un certain flou avant que le label « Vin Méthode Nature » voit le jour en 2019. Ce qui est intéressant avec ce Label c’est qu’en fait il y en a deux :
– Un pour les vins qui ont reçu 0 sulfites ajoutés.
– Un pour ceux qui ont reçu jusqu’à 30 mg par litre à la mise en bouteille.

Voilà qui devrait mettre un terme vieux débat « est-ce qu’un vin qui a reçu un peu de sulfites doit être considéré comme un vin Nature ». Une partie des domaines viticoles pensent que oui et les autres que certainement pas.. Il y a donc à présent une transparence, en tout cas pour les domaines qui se font labéliser, ce qui n’est pas le cas de tous les producteurs de vin Nature.

Le « problème » des vins Nature c’est justement qu’une partie des vignerons aurait parfois mieux fait d’en ajouter un peu des sulfites … Franchement 30 mg par litre en comparaison des maximums autorisés : 150 mg pour les rouges et 200 (!) pour les blancs dans le vin dit « conventionnel » (ce qui entre-nous ne veux rien dire).
Donc autour de 30 mg par litre ajoutés à la mise en bouteille, si cela permet d’éviter que le vin ne vire du coté obscur de la Force, ça peut être une bonne idée.
Maintenant, il existe des vins sans sulfites ajoutés qui sont juste magnifiques et oui il aurait été alors bien dommage de les corseter avec cet ajout de sulfites, lesquels ont quand même tendance à assécher les fins de bouche et à lobotomiser un peu l’esprit initial du vin.
Mais … pour une grande bouteille de vin sans sulfites, combien de jajas imbuvables ? Avec ce mystérieux « goût de souris » (tout le monde n’en a pas la même définition : peau de saucisson ? cacahuètes ? Pâté de foie ? Pipi de souris ? ), de vinaigre ou pire encore de dissolvant (acétone).

Les domaines viticoles qui n’ajoutent pas de sulfites disent souvent qu’il faut juste laisser du temps au vin, ne pas l’ouvrir trop tôt .. Probablement mais ces vins sont tout de même présents dans les rayons et sur les cartes de restaurant bien qu’ils ne soient pas prêts. Résultat, le consommateur se retrouve avec un vin qui n’est pas très buvable et tant pis pour lui. C’est ce que je trouve le plus gênant chez les extrèmistes du « sans soufre », c’est que finalement c’est le consommateur final qui va devoir se retrouver à payer les conséquences d’un dogmatisme mal géré. Un peu comme si Don Quichotte laissait Sancho Panza prendre des coups à sa place.
Sans parler du préjudice fait à tout ce mouvement parfaitement vertueux chaque fois qu’une personne ouvre une bouteille de vin intorchable …
J’ai encore tout récemment mis dans l’évier plusieurs bouteilles d’un vin qui n’a juste pas supporté de voyager 500 km en voiture (dans des glaciaires !!). Cher vigneron.n.e, je te le dis, stp si ton vin est si fragile dis le moi (!), indique-le sur l’étiquette ou alors protège-le un peu plus.

Ceci étant dit, lorsque le vin Nature est fait par des personnes talentueuses et respectueuses, quelle énergie ! quel buvabilité ! quel plaisir…

Finalement, le vin Nature c’est tout simplement un vin issu de raisins cultivés sans le recours aux produits chimiques de synthèse, puis fermentés avec les levures indigènes (présents sur le raisin et dans la cave) sans intrants (ni pasteurisation, ni osmose inverse, ni …) et avec peu ou pas de sulfites ajoutés.

L’objectif final est d’obtenir un vin artisanal, sans artifices, digeste, vibrant, vivifiant. Un vin qui fait du bien .. (dans la mesure d’une consommation modérée bien sûr) et qui ne se déguste pas qu’avec les naseaux et les mandibules mais avec tout le corps, le coeur et les tripes.

Voici donc une liste de 10 vins dans cet esprit (selon moi) et même si une partie de ces vins n’est pas considéré comme « Nature » par la wine intelligentsia :

  • Morgon Côte de PY, Jean Foillard – Un Cru du Beaujolais profond et gourmand avec un certain potentiel de garde. Les vins de chez Foillard c’est du sérieux, du bel ouvrage, sans déviances. Des vins de terroir. Peu de sulfites. A boire à partir de minimum 5 ans après l’année des vendanges. Avec volailles, viandes blanches, mijotés, ..
  • Bourgogne blanc Aligoté, De Moor – Un chouette vin blanc sec issu du nord de la Bourgogne, minéral, acidulé avec cependant une texture assez caressante. Pas ou peu de sulfites. A boire à partir de 2 ans après la date des vendanges et jusqu’à 5 ou 6 ans après, selon le millésime.
  • Vino Bianco « Montemarino », Cascina Degli Ulivi – Un blanc du sud Piémont issu du cépage Cortese et élaboré par un domaine pionnier dans les vins Nature en Italie. Un vin blanc plutôt gastronomique, original, séveux, salivant, intense. A boire dans les 4 à 5 ans après la date des vendanges. Le plus rock and roll de cette sélection aussi.. 0 sulfites.
  • Naoussa Xynomavro, Dalamara – Un vin rouge grec que j’affectionne beaucoup, accessible, avec la note caractéristique de framboise et de tomate séchée du cépage Xynomavro, entre légèreté et demi-puissance avec un léger relief tannique. Beaucoup de polyvalence à table ! Peu de sulfites.
  • Pinot Noir de Baden, Enderle & Moll – Joli Pinot Noir allemand avec une note boisée assez noble, fruité et de corpulence assez légère mais avec une bonne intensité aromatique et une note florale élégante. A dégainer en toute occasion 🙂 Pas ou peu de sulfites. A boire à partir de 2 ans après la date des vendanges.
  • Gamay de Genève sans sulfites, Damien Mermoud – Une des plus belles expressions du Gamay sur le territoire genevois, souple et précis, gourmand. A boire à partir de 2 ans après la date des vendanges.
  • Autriche Pinot Noir Birdscape, Christian Tschida – Un vin rouge infusé qui flirte avec le vin rosé, terriblement délicat avec la touche toujours un peu magique du Pinot Noir … Pas ou peu de sulfites.
  • Chinon « Croix-Boissée », Bernard Baudry – Un vin à l’intersection de ceux considérés comme Nature et de ceux considérés comme « Traditionnel ». En gros un peu trop de sulfites pour la Nature Familia mais qu’importe, je le bois avec autant de plaisir ! Un Cabernet-Franc de Touraine profond, ancré et malgré tout délié. A boire à partir de 5 ans après les vendanges et sur une vingtaine d’années, selon millésime.
  • Vin de France « Mauvais Temps », Nicolas Carmarans – Un vin de l’Aveyron élaboré par un magicien du cépage Fer Servadou avec un petit pourcentage d’un ancien cépage rare : le Negret de Banhars… Un vin entre légèreté et demi-puissance avec une délicieuse rusticité, du fruit rouge entremêlé de végétal et d’épices. A priori sans sulfites. A boire à partir de 2 ans après les vendanges.
  • Crozes-Hermitage rouge « Les Bâties » , Dard & Ribo – Un domaine quasi historique dans la mouvance des vins Nature ! Un vin issu du cépage Syrah, parfumé, cerise, olives noires, graphite, épices, assez charnu et aérien en même temps. A boire à partir de 3 ans après la date des vendanges. Multitâches à table avec un faible pour une cuisine légèrement épicée.

Ou trouver ces vins ? Google vous aidera assez facilement dans vos recherches ! Chacun de ces domaines élabore d’autres vins également à découvrir.

N.B. Les autres vins de chacun de ces domaines sont bien sûr également à découvrir.

BC
www.terre-oenophile.ch

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