Un petit verre de polémique ? : le vin, ce n’est pas (que) de l’alcool

Environ 12 à 15% d’alcool dans le vin. Rien à voir avec la Vodka ou le Gin par exemple, avec autour de 40% d’alcool.

Pourquoi cette précision ? Nous vivons une époque hygiéniste, portée par des prosélytes qui s’évertuent à mettre dans la même cuve toutes les boissons qui contiennent de l’alcool. En un claquement de doigts les ventes de vin ont diminué d’une bonne vingtaine de % sous nos latitudes, voire de 40% selon un caviste rencontré récemment dans le sud de la France.
Un phénomème assez soudain, violent, exponentiel depuis 2024, même si la baisse de la consommation a réellement débuté il y a une bonne cinquantaine d’années – on passe de plus de 120 L en France par habitant en 1960 à moins de 40 L en 2020. Le schéma est similaire dans de nombreux pays. On assiste donc depuis quelques années à des milliers d’hectares de vignes arrachées à travers le monde afin d’enrayer la surproduction.

La génération Z serait en partie en cause, bombardée de discours hygiénistes sur les réseaux, rejetant les emblèmes patriarcaux (Depardieu qui boit un canon, la main dans un pot de rillettes, ça ne fait plus trop rêver) et trouvant globalement cet univers trop élitiste, trop compliqué. Cela n’est jamais évoqué mais peut-être cette génération a-t-elle aussi plus de goût, plus de sensibilité ?

Tout Gen X que je suis, je n’apprécie pas du tout 70% des vins de la planète. Fadasses, standardisés, ennuyeux, zombies. Beurk ! Bref, le vin est devenu has been pour une partie de la population, et souvent à juste titre… Alors, pourquoi le défendre, en faire la promotion même ? Parce que le (bon, le beau, le grand) vin, justement, ne peut pas être réduit à de «l’alcool
 ».
C’est d’abord un objet culturel, complexe, multidimensionnel. Une bouteille de vin fin, c’est une promesse de voyage, de découverte, de surprise, de partage, de conversation. Rien à voir avec descendre une bouteille de Vodka devant Netflix.

L’amatrice, l’amateur de vin n’est pas en recherche d’alcool mais en quête de sublime, d’un Graal possible. Il cherche à ressentir le beau geste, la pureté d’une intention vigneronne, humaine.

De là à dire que l’amateur cherche une forme de Vérité et de musique divine, il n’y a qu’un pas (ou quelques verres) car certains vins nous donnent parfois l’illusion de tutoyer les anges. Quid des 12 à 15% d’alcool dans le vin ? Non, au contraire, le vin est aussi un moyen d’apprendre à se responsabiliser.

L’excès, en toute chose, est une tentation à laquelle il faut savoir résister. Cela s’apprend et fait partie d’un cheminement vers le statut (certes flou) d’adulte responsable.

A l’opposé d’un discours infantilisant qui n’élève donc personne.

BC

terre-oenophile.ch

Les commentaires sont fermés.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑